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L'Islam, un tremplin

 L’Islam n’est qu’un tremplin, et le plus sûr pour guider l’humanité vers le salut.

 Cheikh Ahmed Tidiane Sy

Ecrits et essais

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LES CONFERENCES DE LA 13ème édition des Universités du Ramadan : Troisième cours du Responsable Moral 12/09/2008

Nous avons pu découvrir, à la lumière des analyses effectuées lors des précédents cours, que l'état de détresse dans lequel le monde a sombré résulte d’une foultitude de facteurs d’ordre matériel et moral.
Si le monde est devenu aujourd’hui comparable à un village planétaire, force est de constater que sa dimension réduite par l’effet de l’évolution scientifique et technologique n’enlève en rien sa force de nuisance et sa capacité de destruction.
Et comme certains ont eu à le constater, Dieu a voulu que ce monde soit un espace de coexistence voire de confrontation entre des réalités contradictoires : le bien et le mal, la foi et la mécréance  la vérité et l’imposture, le bon et le mauvais, le pur et l’impur, les vertus et les tendances.


Cette contradiction a l’utilité de nous convaincre que les courants de pensées politique, religieux ou scientifique, se partagent la vérité et l’erreur. Nul d’entre eux n'a l'apanage de la vérité ou de l’erreur. Bien au contraire, ces doctrines, en dépit de leur diversité voire leur antagonisme, évoluent dans une dynamique   d'interaction et de complémentarité.
Il est du ressort du réformateur, qui applique le Coran, de tirer de chaque courant de pensée, les éléments positifs lui permettant de conduire efficacement la réforme.

"Nous leur avons révélé la pratique du bien, l'accomplissement de la prière et le don de l'aumône. Pour Nous, ils étaient des serviteurs dévots".

Il est dit que les grandes vertus ne peuvent se réaliser qu’en luttant contre les grands vices. Mais le paradoxe est que la plupart de ces vices sortent du giron de ces vertus. C’est peut être l'une des raisons pour lesquelles le prophète mettait en garde ses compagnons contre les méfaits de la monnaie et de l’opinion publique.
Aujourd'hui, tout le monde admet que la science est un élément fondamental pour l’évolution de nos sociétés. Cependant, il faut faire la distinction entre la primauté du savoir et l’honneur. L’importance du savoir précède son honneur. « Est ce que les savants et les non savants peuvent être traités de la même manière ? La réponse est bien sûr  négative. Car "Seuls réfléchissent ceux qui sont doués d'intelligence".

L’imam Ali nous  l’a expliqué en des termes beaucoup plus saisissables quand il dit que la valeur intrinsèque de chaque homme se résume à ce qu’il sait faire avec excellence.
Si on admet que le savoir a beaucoup plus de valeur que l’avoir pourquoi voit-on les savants se bousculer devant la porte des riches et non le contraire? demande-t-on un jour au sage.  Il répondit : c’est parce que les savants préservent le principe selon lequel, il faut d’abord attirer le bien avant de repousser le mal ; alors que les riches ignorent la primauté des vertus sur l’intérêt.
Le véritable problème ne se pose pas au niveau des catégories  mais s’adresse à l’homme. En effet il reste un facteur primordial dans le processus du changement. De sa perfection dépend la perfection du monde et de son insuffisance l’insuffisance et la déficience de ce monde.

« Je vais établir un lieutenant sur la terre ", ils dirent : " Vas-tu y établir quelqu'un qui y sèmera la corruption »

L’homme a beaucoup plus de besoins que les autres créatures (minéraux et les animaux) mais il arrive qu’on trouve des êtres vivants qui peuvent se passer de leurs congénères et des autres espèces. Tandis que l’homme est formaté dans la dépendance parce que créé dans la faiblesse. Et c’est pour une raison bien particulière que Dieu l’a mis dans cette situation.

« Dieu veut alléger votre fardeau, car l'homme a été créé faible ».

« Et cette faiblesse se manifeste sous deux formes patience et endurance Certes, l'homme a été créé inquiet, agité lorsque le malheur l'atteint, cupide lorsqu'il est heureux » A-Ma'ârij.

La dépendance et l’impuissance de l’homme le fragilisent et l’empêchent  d’être arrogant et rebelle.
« Or, voici que l'homme se rebelle ».
Certes, on ne peut pas faire le monde sans l'homme et vice versa. Mais la corruption de l'homme est moins grave que celle de toute une planète.

S'il y avait dans le ciel et sur la terre des divinités autres que Dieu, la corruption y régnerait

La corruption dont on parle c'est celle qui touche la terre et la mer. Et son apparition sur ces lieux n'est que la résultante de ce que les hommes ont accompli de leurs mains, comme crime et forfaits.


" Si Dieu ne repoussait pas certains hommes en leur opposant d'autres hommes, des monastères seraient détruits, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le Nom de Dieu est beaucoup invoqué. Oui, Dieu assiste ceux qui l'assistent. Dieu est, en vérité, fort et puissant’’.  22 Al Haji

La corruption financière peut conduire à la corruption sociale qui peut déboucher sur la corruption des mœurs.

A son arrivée à Médine, le prophète a vite jumeler les "Mouhajirines'' (venus de la Mecque) et les "Ansars’’ (médinois autochtones). Néanmoins, ce jumelage n'a pas fait long feu. Cela, parce que les habitants de Médine étaient très actifs ; c'était des agriculteurs, des artisans et des ouvriers. Et ils n'appréciaient guère, le comportement des mecquois qui étaient habitués au désœuvrement pour avoir longtemps reçu comme gagne-pain des cadeaux venant des visiteurs de la Kaaba.
Même le Coran en parlant de présent préfère le mot "sadaqa"(aumône) à celui de "hadiya".Comme c'est le cas dans le verset suivant : ‘’vous qui croyez ! Lorsque vous allez vous entretenir avec le Prophète, faites précéder cet entretien d'une aumône’’

Cela tient, peut être, au fait que le mot "sadaqa" renvoie  beaucoup plus à l'obéissance et à la sincérité que le mot "hadiya" qui renvoie  au désir et à  l'intérêt,   donc à la corruption. Surtout quand l'argent utilisé est tiré des deniers publics et du patrimoine privé du donateur. 

"Je leur enverrai un présent  et j’attends ce que les émissaires apporteront en retour ".


Comme nous l'avons dit par le passé, chaque crise comporte en son sein les éléments nécessaires à son règlement. Mais il faut faire la distinction  entre le sinistre qui ressort de l’épreuve divine et les malheurs qui nous arrivent à cause de notre comportement.

"Si quelque malheur vous atteint, sachez qu'il est la conséquence de vos propres agissements".

« La corruption est apparue sur la terre et sur la mer à cause de ce que les hommes ont accompli de leurs mains, afin qu'Il leur fasse goûter quelque conséquence de leurs agissements. Peut-être reviendront-ils [à Dieu] »

Le mal arrive très souvent comme la conséquence logique des péchés et comportements délictueux des hommes. La faim, l’insécurité, les crises financières, les pertes en vies humaines et les sécheresses sont, au-delà, de la volonté divine le résultat de l’incrédulité, de l’hypocrisie et de la corruption des mœurs.


Lorsqu'une sourate est révélée, il y en a qui disent : " Y en a-t-il un parmi vous dont elle augmente la foi ? " Pour ce qui est des croyants, elle augmente leur foi et ils se réjouissent.
Quant à ceux dont les cœurs sont malades, elle ajoute un opprobre à leur opprobre, et ils meurent mécréants’’.

"Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers’’.

Les pays riches ont fait un aveu de taille en reconnaissant que les milliards de profits usuriers qu'ils ont investis ne leur a apporté que le centième de ce qu'ils visaient.


"Dieu anéantit l’intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes".

"Nous avons considéré l’œuvre qu’ils ont accomplie et Nous l’avons réduite en poussière éparpillée".

Le nouvel ordre mondial n'a pu, réaliser qu’à moitié son  ambitieux programme d’instaurer un nouveau système mondial.
La réalisation de l’autre moitié  bute à une impasse  indescriptible.

‘’Que celui qui est aisé dépense de sa fortune ; et que celui dont les biens sont restreints dépense selon ce que Dieu lui a accordé. Dieu n’impose à personne que selon ce qu’Il lui a donné : Dieu n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité’’.

Le premier renvoie à la capacité et le second à la situation, ou en d'autres termes, à la période d'accouchement normal et à la période d'avortement et d'infertilité.


"Ils ourdirent une ruse, mais Nous en avons ourdi une autre, sans qu'ils s'en rendent compte.
Vois quel a été le résultat de leur ruse : Nous les avons exterminés, eux et tout leur peuple".

"Leurs demeures sont aujourd'hui désertes parce qu'ils ont été iniques. Il y a vraiment là un signe pour l'édification des hommes".

Il est aisé de comprendre à partir de là que les obstacles  peuvent revêtir différentes formes. 
L’autre problème survient  en voulant appliquer  les connaissances et les expériences d’un autre temps à un contexte différent.
L’écrasante majorité des courants de pensées  préfèrent aujourd’hui  marcher derrière  les peuples, et suivant  leurs principes. Ce qui fait que  les dirigeants qu’ils soient religieux ou politiques restent dans un décalage de  cinquante ou  trente années par rapport à leur époque. Cela, parce qu’ils ont pris les rênes du commandement à une époque bien déterminée tout en continuant à s’inspirer des idées  d’une époque révolue.  
Le changement de méthode est  un  facteur  fondamental pour toute réforme mais beaucoup font l’amalgame entre un changement de  méthode et sa destruction.
C’est pour cette raison que le prophète tenait à l’exécution des décisions.
C’est aussi la raison pour laquelle le prophète  n’a pas aimé entendre Aicha, dire, un jour : ‘’lorsque Dieu a abordé la question du plaisir charnel, il a cité  les femmes en premier lieu mais quand il parlait de récompense et de rétribution de l’action il nous a cité en seconde position’’.
Et le prophète de rejeter ces propos en disant dans un hadith : «  j’aime trois choses dans ce bas monde : les parfums, les femmes mais c’est dans la prière que je trouve ma relaxe». C’était une manière pour lui de montrer à Aicha que le problème était plutôt psychologique que sexuel.

Les peuples sont autant différents dans leur nature que dans  leur capacité à traiter les fléaux. Et il y a autant de pathologies que de remèdes.
Il n’est pas  habituel que toutes les communautés souffrent en même temps  d’une même pathologie ou  cherchent un remède dans la même source. Surtout que celles-ci ne trouvent pas toujours les remèdes idoines à leurs maux.
En effet,  si le Coran a été révélé au Prophète par  fragmentation   c’est pour servir à la fois de prévention et de remède.

‘’Ô gens ! Une exhortation vous est venue, de votre Seigneur, une guérison de ce qui est dans les poitrines, un guide et une miséricorde pour les croyants’’.


‘’Si Dieu voulait punir les hommes pour ce qu'ils ont fait, Il ne laisserait sur la surface de la terre aucun être vivant ; mais Il les ajourne jusqu'au terme fixé. Lorsque leur terme arrivera, Dieu, certes, voit tout de Ses serviteurs !’’